Fleurs & miel

Plantes mellifères au jardin : semer et planter pour les abeilles, de février à octobre

Fleurs & miel · Publié le 2026-10-27

Une abeille mellifère butinant au cœur d'une fleur de pissenlit jaune vif, entourée d'herbe verte
Une abeille récoltant du pollen sur un pissenlit, l'une des premières grandes ressources du printemps. Photographie de Glibber23, CC0, via Wikimedia Commons.

Une ruche au jardin sans fleurs autour, c'est une cuisine sans garde-manger. Les abeilles butinent dans un rayon de plusieurs kilomètres, mais un jardin fleuri du début du printemps à la fin de l'automne les aide, et profite aussi aux centaines d'espèces d'abeilles sauvages, aux bourdons, aux syrphes et aux papillons. Pas besoin d'un grand terrain : il suffit de choisir les bonnes plantes, de les échelonner et de renoncer aux pesticides.

Nectar, pollen et diversité

Le nectar est un liquide sucré sécrété par les fleurs ; les abeilles le transforment en miel, leur réserve d'énergie. Le pollen apporte les protéines, les lipides et les vitamines nécessaires à l'élevage des larves. Certaines plantes offrent surtout l'un, d'autres surtout l'autre : le noisetier fournit beaucoup de pollen mais pas de nectar, la lavande l'inverse.

La liste de plantes attractives pour les abeilles, établie en 2017 par le ministère de l'Agriculture, FranceAgriMer, l'Institut technique et scientifique de l'apiculture et de la pollinisation (ITSAP) et plusieurs instituts et sociétés savantes, rappelle que les pollinisateurs ont besoin, pour leur équilibre alimentaire, de butiner une grande diversité d'espèces florales. Elle estime la flore métropolitaine à plus d'un millier d'espèces mellifères et en retient 200, choisies parmi les plus courantes et les plus faciles à trouver chez les pépiniéristes, avec pour chacune la période de floraison et un indice d'intérêt en nectar et en pollen.

Combler les trous du calendrier

Au printemps, les fleurs abondent : arbres fruitiers, pissenlits, colza, aubépines. Le jardin est plus utile aux moments où la nature en offre peu.

La sortie de l'hiver

En février et en mars, les colonies reprennent l'élevage et ont besoin de pollen frais. Les saules, les noisetiers, les cornouillers mâles, le romarin, la bruyère d'hiver, les crocus et les perce-neige sont alors précieux. Dans les jardins du Midi, le romarin peut fleurir dès la fin de l'hiver.

Le creux de l'été

En juillet et en août, dans beaucoup de régions, les prairies sont fauchées et sèchent, les grandes cultures sont récoltées : c'est la disette estivale. Les lavandes, l'origan, l'hysope, les sauges, la sarriette, les thyms tardifs, la bourrache, les échinacées, les cardères, les chardons à fleurs et les vivaces comme les agastaches prennent le relais. Arroser sobrement et pailler permet de les garder en fleur pendant les étés secs.

L'automne

En septembre et en octobre, les colonies préparent l'hiver. Le lierre grimpant est alors la grande ressource de fin de saison, en nectar comme en pollen. Les asters, les sedums ou orpins, les hélénies et la chicorée sauvage complètent l'offre. Un pan de mur couvert de lierre en fleur bourdonne d'insectes par les journées douces d'automne.

Quelques familles faciles

La liste officielle signale aussi par un astérisque certaines espèces, comme quelques asters, le robinier ou le topinambour, dont des populations peuvent devenir envahissantes dans certains milieux : il faut se renseigner avant de les planter, surtout près d'espaces naturels.

La pelouse, un gisement oublié

Une pelouse tondue ras chaque semaine n'offre presque rien aux abeilles. Laisser fleurir les pissenlits au printemps, les trèfles et les lotiers en été, tondre moins souvent et plus haut, ou réserver une bande de prairie fauchée une ou deux fois par an, transforme une surface stérile en ressource. C'est aussi une économie de temps et de carburant.

Un jardin sans pesticides

Depuis le 1er janvier 2019, les particuliers ne peuvent plus acheter, utiliser ni détenir de produits phytosanitaires chimiques de synthèse pour leur jardin ; seuls restent autorisés les produits de biocontrôle, les produits à faible risque et ceux utilisables en agriculture biologique. Même ces produits doivent être employés avec prudence, jamais sur des plantes en fleur ou par temps de butinage. Le meilleur traitement reste la prévention : diversité végétale, plantes adaptées au sol et au climat, auxiliaires encouragés par les haies et les fleurs.

Méfiez-vous aussi des plants achetés en jardinerie qui auraient été traités avant la vente : renseignez-vous auprès du vendeur ou privilégiez les semis et les producteurs qui cultivent sans traitement.

Penser aux abeilles sauvages

La plupart des espèces d'abeilles de France sont solitaires et ne font pas de miel. Beaucoup nichent dans le sol nu, d'autres dans des tiges creuses ou du bois mort. Un coin de terre nue et ensoleillée, des tiges sèches laissées debout l'hiver, un vieux muret, un tas de bois leur offrent des abris. Certaines ne butinent qu'une famille de plantes, d'où l'importance de la diversité. Un jardin pensé pour elles l'est aussi pour l'abeille domestique.

Un jardin mellifère donne enfin son caractère au miel : le miel de printemps d'un jardin d'arbres fruitiers n'a pas le goût d'un miel d'été de lavandes ou de ronces. Les règles qui encadrent les dénominations florales sont présentées dans notre article sur la définition et l'étiquetage du miel.

Sources